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Drogue, bière & complot contre le LOSC

Drogue, bière & complot contre le LOSC

Le foot est un sport qui se joue à 11, et à la fin il y a un complot qui empêche le LOSC de gagner

Archiver pour avril 2024


Posté le 16 avril 2024 - par dbclosc

2002, Aston Villa acte 2 : Le LOSC dans son jardin anglais

Après le match nul de l’aller, on ne se fait pas trop d’illusions sur les chances du LOSC à se hisser en finale de la coupe Intertoto, d’autant qu’un très mauvais départ en championnat a subitement semé le doute. Et pourtant, après un match maîtrisé, les Dogues s’imposent 2-0 et poursuivent leur aventure.

Le LOSC est resté sur une impression très positive après le match aller : en arrachant un nul à la dernière minute, il semblait n’avoir pas renoncé à ses valeurs de combativité qui en ont fait sa marque de fabrique depuis quelques années. Symboliquement, c’est le meilleur représentant de ces valeurs qui a égalisé, Fernando D’Amico, comme si, en dépit des changements de l’été, l’état d’esprit des Dogues était intact.

Oui, mais : pour la reprise de la D1, le LOSC a pris une méchante claque à domicile. 0-3 à la maison, ce n’était pas arrivé depuis août 1995 (face à Guingamp). Entretemps, il y avait eu pire (0-4 contre Auxerre, mars 1996 ; contre Montpellier, mars 1997). On est d’accord pour admettre qu’il faut un peu de temps pour s’ajuster, mais on n’était plus habitués à ce genre de contre-performances. Dès lors, c’est toute l’interprétation d’une préparation qui semblait réussie qui est revue : et si le LOSC avait été bouffé physiquement par l’Intertoto ? Et si le LOSC n’avait rencontré que de faibles adversaires ? Et surtout, et si le LOSC avait rompu avec son passé récent, fait de réussite et d’exploits permanents ?

Villa Bordeaux
Du côté des joueurs, on est remontés après ce sale résultat. Le nouveau capitaine, Grégory Wimbée, prend sur lui le manque de réactivité de l’équipe contre Bordeaux : « les anciens dont je fais partie n’ont pas assumé leur statut. Tout le monde s’encourageait . Même à 0-3, chacun a cherché à réagir, mais de façon trop individuelle. Il aura fallu dire stop à un moment, analyser ce qui n’allait pas et trouver une réponse collective ». De manière générale, la presse s’interroge sur le « manque de leaders » dans l’effectif lillois. Si Greg Wimbée et Djezon Boutoille sont restés – ils ont d’ailleurs longuement parlé dans le vestiaire après le match, de même que Claude Puel – et que Fernando D’Amico, par sa manière de jouer, a également une faculté à faire réagir ses équipiers (il a pris un jaune grossier juste après le 0-3 puis est allé provoquer Pauleta après que le Portugais a manqué un pénalty en fin de match), les autres anciens sont de nature plus discrète (Fahmi, Landrin, Pichot).

Wimbée7
Quoi qu’il en soit, pour le gardien lillois, « nous sommes obligés de nous reprendre immédiatement. Et cette réaction se fera par le jeu ». Quant à Djezon Boutoille, il aurait voulu jouer dès dimanche pour effacer la gifle bordelaise.

Avec cette alerte, faut-il laisser tomber l’Intertoto et se centrer sur le championnat pour éviter de se retrouver en fond de classement ? Ce n’est pas l’idée de Claude Puel, qui est satisfait de jouer 4 jours après cette déroute, et pour se qualifier en Angleterre : « ça va permettre de se recentrer immédiatement sur l’essentiel. Nous y allons avec l’ambition de jouer la qualification. Après le résultat de l’aller, il faudra marquer au moins un but, mais ça ne me semble pas impossible (…) Jouer Aston Villa pour préparer le championnat ne servirait à rien. Si c’était le cas, autant rester à la maison »

Puel Roussey Villa

Comme à l’aller, mais en ayant en tête que les Anglais seront encore mieux préparés, les Dogues s’attendent à un « combat », selon Djezon Boutoille : « ils vont être agressifs, ils vont chercher à nous bouger dans les duels aériens. Mais si on fait un grand match, on passera. Une qualification serait le meilleur moyen d’oublier Bordeaux, et de préparer Le Havre ».

Puel emmène un groupe de 19 joueurs à Birmingham : tout le monde est disponible, hormis deux joueurs encore non-qualifiés pour l’Europe (Manchev et Baciu). Les Lillois logent dans le « cadre verdoyant » de l’hôtel Marriott. À Villa Park, ils pourront compter sur le soutien d’une centaine de supporters, dont 70 venus en bus avec le groupe « Tous avec le LOSC » et les Doggies. Dans les bus se trouvent le papa et le frère d’Hector Tapia, ainsi que le papa de Fernando D’Amico, qui passe probablement le trajet derrière le chauffeur en lui hurlant d’aller plus vite.

Tapia et son pèreHector et Papa Tapia

Mercredi 7 août : les Lillois découvrent le stade aux alentours de 19h10, pour un match prévu à 20h45 (heure française, 5h45 heure australienne le lendemain pour information). Villa Park peut accueillir 43 000 spectateurs, et on devrait en compter 25 000 ce soir. Claude Puel aligne une composition que la Voix du Nord qualifie de « prudente » : en effet, cinq défenseurs, deux milieux défensifs, un relais, deux milieux et un attaquant, il ne faut pas s’attendre à jouer l’offensive. Voici la composition :

Wimbée
Chalmé, Delpierrre, Fahmi, Rafael, Tafforeau ;
N’Diaye, Landrin, Bonnal, Brunel ;
Moussilou

D'Amico Villa
Comme à l’aller, Moussilou occupe l’attaque, ce qui est aussi une manière de faire tourner mais, surtout, Puel se prive de six joueurs qu’on imagine titulaires ordinairement : Tapia, Boutoille, Pichot, Sterjovski, Be. Cheyrou et D’Amico sont sur le banc. L’entrée des joueurs se fait sur un « concert de cuivres qui n’aurait pas dépareillé avant un combat de gladiateurs à Rome ».

Djezon Boutoille n’avait pas tort : les Anglais donnent le ton dès la première minute avec un coup de Vassel donné à Delpierre. Le défenseur lillois, blessé à la pommette ; sort se faire soigner, ce qui occasionne un premier long arrêt de jeu. C’est le début d’un match perturbé par de nombreuses échauffourées.

Au niveau du jeu, Brunel tente une première offensive (9e), mais Lille est dominé, battu dans les airs, et se montre incapable de ressortir proprement le ballon durant les 20 premières minutes. Il faut cependant attendre la demi-heure de jeu pour voir une première grosse occasion pour les Locaux : Crouch passe facilement Fahmi et frappe : Rafael renvoie en catastrophe le ballon devant la ligne (mais il n’était peut-être pas cadré). Barry (35e) puis Crouch (39e) tentent encore leur chance, mais Wimbée est vigilant.

Supporters Villa
« Dans ces conditions, 0-0 à la pause semblait déjà une opération juteuse » lit-on dans la Voix du Nord. Alors, que dire de la suite ? Au moment où l’on entre dans les arrêts de jeu, le LOSC obtient un coup-franc, que l’on ose qualifier de « bon » que parce qu’il est loin du but de Wimbée. À 30 mètres du but anglais, Fahmi tente sa chance : le mur dévie et le ballon entre doucement dans le but d’Enckkelman, pris à contrepied. 1-0 pour Lille ! Le but sur France Bleu Nord :

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr/files/2024/03/vlc-record-2024-03-31-21h45m53s-piste-02-.mp3

Fahmi, en dépit d’une lourde frappe, n’avait jamais marqué sur coup-franc avec le LOSC. S’il en a beaucoup frappés en D2, il n’était d’ailleurs que très rarement le tireur attitré depuis deux ans, Bruno Cheyrou et Johnny Ecker ayant pris le relais. Leur départ aura permis de débloquer le compteur du Marocain, un peu chanceusement.

0-1 à la pause après une telle première période, les Anglais ont de quoi ruminer. Apparemment pas trop remis de ce coup de massue, ils en prennent un deuxième dès le retour des vestiaires. Avec nonchalance, la défense perd le ballon, ce qui profite à Brunel qui frappe du droit : le gardien repousse dans l’axe, où surgit Bonnal, qui inscrit le deuxième but lillois (0-2, 46e) ! La belle affaire se précise pour le LOSC, qui doit désormais encaisser 3 buts sans en marquer pour être éliminé.

Collectif Villa

On constate assez vite que les Anglais n’ont pas le même allant qu’en première période. On peut sans doute l’expliquer par les deux buts encaissés à deux moments-clés, mais aussi par le fait qu’ils comptent une semaine de préparation en moins. Vassel (54e) puis Crouch (61e) tentent bien de réveiller le stade, mais c’est très timide. De plus, Puel bétonne en faisant entrer Be. Cheyrou à la place de Bonnal (61e). La réussite est clairement du côté lillois : à la 68e minute, un coup-franc d’Hadji, dévié par le mur, surprend Wimbée qui parvient à s’emparer du ballon avec l’aide de la transversale. Et pour montrer que les Dogues sont toujours dangereux, Brunel manque le 0-3 en ne redressant pas suffisamment son ballon après avoir échappé au gardien (70e). Brunel et Moussilou sortent ensuite, remplacés par Boutoille et Sterjovski (71e).

Il ne se passe alors plus grand chose au niveau du jeu. En tribunes, on entend une Marseillaise à la 78e minute. Et les Anglais entament un autre match, fait de provocations et de tacles très limites : on assiste à une « fin de match houleuse et pourrie par le jeu dur des Anglais ». Après une nouvelle sortie sur Boutoille, Djezon reste à terre : Sylvain N’Diaye hurle auprès de l’arbitre et est expulsé (90e). Boutoille sort : sa cheville – encore – est touchée, et le LOSC finit à 10.

Landrin Malicki
Lille s’impose et se qualifie pour la finale. Cette qualification valide les choix de Claude Puel qui, sans renoncer à quelque ambition, avait largement fait tourner. Après match, les sourires contrastent avec les mauvaises mines qui avaient suivi le match contre Bordeaux. Le coach souligne que « même s’il n’y avait pas eu la qualification, ce match m’aurait donné satisfaction car les gars ont été réceptifs aux consignes et ont su gommer pas mal d’imperfections. Ils ont réussi un match à l’opposé de celui de Bordeaux ».

Quant au président Seydoux, il est encore content : « l’équipe avait le devoir de réagir. Elle l’a fait et de fort belle façon. Il n’y a quand même pas beaucoup d’équipes françaises qui ont le bonheur de gagner en Angleterre par deux buts d’écart. Le groupe a retrouvé toutes ses qualités, son esprit, et c’est le plus important. Quand on perd un match en affichant ses valeurs, tout simplement parce que l’adversaire est plus fort, c’est moins grave. Mais contre Bordeaux, ça n’avait pas été le cas. À la limite, ce départ désastreux aura peut-être été un mal pour un bien. Il a obligé les joueurs à se remettre en question ».

Collectif Aston Villa
Le propos de Seydoux est toutefois bien hâtif, et ne doit pas qu’à la grande méconnaissance qu’il a du football, qui lui fait faire quelques premières sorties médiatiques assez maladroites. Si, dans l’immédiat, le LOSC se rassure effectivement (0-0 au Havre, puis victoire 1-0 contre Stuttgart lors de la finale aller à Grimonprez), il rechute très vite en championnat (nouvelle défaite 0-3 à domicile, contre Nice) et ne remporte son premier match qu’à la 6e journée. Entretemps, le LOSC n’est pas parvenu à se qualifier pour la coupe de l’UEFA (défaite 2-0 à Stuttgart).

Si le LOSC connaîtra un bel automne, il traversera une grosse crise durant l’hiver qui rappelle qu’on ne passe pas d’une ère à une autre sans en payer le prix : le LOSC s’en sort finalement en toute fin de championnat, notamment en battant Rennes.

La valeur de cette double confrontation contre Aston Villa est difficile à évaluer : placée au cœur de l’été, à un moment où les différences de préparation peuvent aboutir à des résultats trompeurs, dans une compétition qui est une coupe d’Europe mais assez peu prestigieuse, au moment où de nouveaux effectifs prennent leurs marques, cet aspect étant très poussé du côté du LOSC en 2002, on lui attribue rétrospectivement une grande partie de la responsabilité du début de saison manquée du LOSC, sans qu’on ne puisse précisément déterminer dans quelles proportions cette croyance est fondée ou non.

Deux ans plus tard, le parcours Intertoto du LOSC suivi d’une superbe saison (2e) montrera qu’on peut tout à fait concilier cette coupe avec un championnat réussi. Dès lors, on peut raisonnablement considérer que cette demi-finale de 2002 reflète ce que sera le LOSC 2002/2003 : un club et une équipe en transition, avec toute l’inconstance sportive que ça implique. Mais elle aura tout de même vu le LOSC se qualifier contre des Anglais, chez eux, et constitue à ce titre une belle ligne sur la carte de visite européenne du club, désormais bien fournie.

Un résumé du match (France 3) :

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr/files/2024/03/vlc-record-2024-03-31-21h51m02s-losc-2002-janvier-decembre.vob-.mp4

Toutes les citations sont extraites de la Voix du Nord ou de la Voix des Sports.


Posté le 9 avril 2024 - par dbclosc

2002, Aston Villa acte 1 : Lille entretient l’espoir sur le fil

Au cours de l’été 2002, le LOSC est engagé en coupe Intertoto, après s’être classé 5e en 2001/2002. Pour se qualifier en coupe UEFA, il faut remporter trois confrontations aller/retour. La première a été facilement remportée face aux modestes Roumains de Bistrita (2-0 ; 1-0). Un obstacle d’une tout autre envergure se présente pour la demi-finale : Aston Villa.

C’est une nouvelle ère pour le LOSC : après près de quatre années de réussite totale depuis l’arrivée de Vahid Halilhodzic au cours desquelles le LOSC est remonté en D1 et a immédiatement découvert la coupe d’Europe, les principales têtes de l’organigramme sont parties. Les départs de Francis Graille, de Pierre Dréossi et de Vahid Halilhodzic questionnent : si le club a connu une exceptionnelle réussite sportive, sa structuration n’a pas suivi au même rythme, et beaucoup reste encore à construire. En outre, une partie des cadres des précédentes années s’en est allée, ne laissant pas passer l’occasion de signer le contrat de leur vie : on pense notamment à Bakari, Cheyrou, Cygan et Ecker. Restent néanmois quelques cadres tels que Wimbée, Fahmi, Pichot, N’Diaye ou D’Amico. Ce chamboulement va-t-il couper l’élan des Dogues, et les reléguer aux places médiocres auxquelles il s’est habitué depuis des décennies ?

Puel

L’arrivée de Claude Puel semble constituer la garantie d’une certaine continuité, du moins sur la forme : travail et rigueur sont ses maîtres-mots. Mais le recrutement est la grande inconnue : sur le papier, les nouvelles arrivées ne sont pas très excitantes, même si elles sont présentées comme prometteuses : Chalmé, Bonnal, Campi, Fortuné et surtout, devant, la paire Manchev/Tapia (+ Abidal en septembre).

Le groupe apparaît rajeuni est moins expérimenté. On va de toute façon rapidement être fixé, car la reprise est précoce : coupe Hitoto oblige, le LOSC reprend mi-juin. Grâce à l’indice français, les Dogues commencent la coupe UEFA dès le troisième tour, ce qui équivaut aux quarts de finale. La formule est originale puisqu’il existe trois tableaux parallèles au bout desquels chaque vainqueur se qualifie pour l’UEFA, ce qui aboutit donc à trois équipes qualifiées en UEFA via l’Intertoto. Pour Lille, le premier match, à Bistrita, se jouera le 20 juillet. En attendant le LOSC réalise deux stages de préparation (10 jours au Touquet et 10 jours à Capbreton) ponctués de quatre matches amicaux au cours desquels celui qui fait la meilleure impression est le Chilien Hector Tapia.

Pas de problème pour la première confrontation, alors qu’on craignait, comme souvent dans cette coupe, que les équipes supposées meilleures aient du retard dans leur préparation : Lille s’impose en Roumanie (2-0, Boutoille et Brunel) puis à Grimonprez-Jooris (1-0, D’Amico).

Place désormais à Aston Villa, club d’un calibre qui correspond mieux à ce qu’on attend d’une coupe d’Europe.

Tapia
Aston Villa, club situé à Birmingham, au centre de l’Angleterre. Ancienne ville industrielle, elle a la deuxième plus peuplée du Royaume-Uni, après Londres, et avant Glasgow. On s’en fout ? Oui. Le club a un prestigieux passé européen : il a en effet gagné la coupe d’Europe des clubs champions en 1982 (face au Bayern Münich), puis la supercoupe d’Europe (face à Barcelone, vainqueur de la C2) dans la foulée.

En 2002, Villa n’est pas un épouvantail, au sein d’une Premier League qui n’est pas aussi dominante qu’aujourd’hui. En première division anglaise depuis 1988, Aston Villa a terminé 8e du championnat 2001/2002, à 37 points du champion, Arsenal. Le bilan : 12 victoires, 14 nuls, 12 défaites, ce qui est somme toute moyen, et qui mérite donc de foutre en l’air une partie de sa préparation avec l’Intertoto. L’équipe est qualifiée d’« inconstante » par la Voix des Sports, qualificatif qui doit valoir pour toutes les équipes de tous les championnats au monde qui terminent huitièmes.
Mais, par principe, on se méfie des Anglais (sportivement). Parmi ses quelques vedettes, Aston Villa compte le Turc Alpay, les Suédois Mellberg et Allbäck (arrivé à l’intersaison), le Colombien Juan Pablo Angel, l’Anglais Darius Vassel (titulaire à la coupe du monde 2002), le Ghanéen Boateng, le Marocain (Youssouf) Hadji et le « vieux » Paul Merson, 34 ans, qui, entre quelques problèmes d’alcool et de drogue, joue encore parfois au football, à moins qu’il ne faille en conclure que tout cela conserve. Dans l’effectif, est également arrivé de Portsmouth Peter Crouch, qui pour le moment n’est qu’un grand dadais qui ne marque pas trop de buts, avant qu’il ne devienne le grand dadais qui marque beaucoup de buts. Bref, voilà des noms « connus mais pas trop », ce qui fait de Villa un favori contre lequel on a des chances.

Campi Tapia Chalmé
Mais, preuve s’il en faut que ça ne va pas être de la tarte, lors du tour précédent, Villa était opposé à Zürich : au match aller, les Suisses se sont imposés 2-0. Et au retour à la maison, les Anglais ont gagné 3-0. Et, tellement sûrs de leur force, entre le match aller et le match retour, des dirigeants chargés de la logistique sont venus visiter les installations de Grimonprez-Jooris. Renverser Zürich n’est pas non plus l’exploit du siècle, mais les Lillois sont prévenus.

Pour Claude Puel, on aura affaire à « deux matches intéressants » et « il faudra nécessairement être vigilants ». Voilà pour les banalités. L’entraîneur lillois craint néanmoins que le calendrier de cette confrontation ne soit un handicap par rapport à des Anglais qui reprennent plus tardivement leur championnat. Pour le LOSC, l’aller se joue entre le retour du match précédent et la première journée de championnat (contre Bordeaux). Et le retour se jouera entre les première et deuxième (au Havre) journées de championnat : « on risque de manquer de fraîcheur. Ces matches contre Aston Villa sont donc un peu mal placés ». Et comme l’écrit la Voix des Sports, « on ne prend jamais un Anglais de haut, fût-il légèrement en retard dans ses travaux d’approche ! ».

31 juillet 2002, les choses sérieuses commencent ! Il fait beau à Lille et on compte environ 15 000 spectateurs au stade Grimonprez-Jooris dont 600 Anglais, qui se font d’abord remarquer en sifflant copieusement la présentation de la nouvelle recrue du LOSC : Vladimir Manchev. Pas encore qualifié (tout comme les deux équipes d’ailleurs), il devrait pouvoir jouer samedi contre Bordeaux. Il y a eu un doute car il avait perdu son passeport, qui a été retrouvé par le personnel de l’hôtel Alliance, où il loge, dans un couloir.

La Voix du Nord note une apparente bizarrerie : « typiquement anglais, l’échauffement d’Aston Villa. Éparpillés dans leur moitié de terrain, les joueurs de Graham Taylor ont, en effet, donné l’impression de faire n’importe quoi ». Ceux qui se connaissent en profitent pour se saluer : Hadji et Wimbée (centre de formation de Nancy), Hadji et Fahmi (sélection marocaine).

Collectif Boutoille Fahmi Bonnal Tapia

Voici la composition lilloise :

Wimbée ;
Pichot, Fahmi, Delpierre, Tafforeau ;
Chalmé, D’Amico, N’Diaye, Brunel ;
Sterjovski, Moussilou

Une seule recrue (Chalmé) et, comme on pouvait le prévoir avec Puel, confiance aux jeunes avec les titularisations de Delpierre et de Moussilou (qui a été lancé par Vahid en janvier 2002 mais n’est plus réapparu en équipe 1 jusqu’à Bistrita)

À 19h30, l’arbitre croate donne le coup d’envoi.

Le LOSC (en gris) semble vouloir emballer le match mais l’adversité est d’un autre calibre que ce qu’ont proposé les Roumains : « l’organisation anglaise – cohérente, rigoureuse, et même parfois implacable – a tempéré très vite les ardeurs d’un LOSC pourtant bien en jambes ». La première période est donc surtout l’occasion d’observer ce que veut faire Claude Puel : en l’occurrence, on remarque surtout les tentatives de combinaisons sur les côtés, avec Pichot/Chalmé à droite, et Tafforeau/Brunel à gauche.

Chalmé2
Le match est équilibré, et on a l’impression que les Anglais gèrent à leur rythme. Les Anglais sont les premiers à se créer quelques situations chaudes (tête de Taylor, 15e ; centre tendu de Samuel manqué d’un rien par Hitzlsperger, 16e). Du côté lillois, on attend le dernier quart d’heure pour approcher le but anglais avec conviction : après une ouverture vers Sterjovski mal gérée par le gardien, Brunel tente de loin mais ça passe à côté (31e) ; puis le même Brunel tente un lob face au gardien alors que c’était probablement la dernière chose à tenter, et ça finit tranquillement en 6 mètres (37e). Juste avant la pause, une frappe de D’Amico n’inquiète pas l’équipe adverse. 0-0 à la pause : ce n’est pas simple et ce n’est pas folichon devant.

Moussilou2
La deuxième période part sur les mêmes bases : ça ronronne et seules quelques tentatives lointaines ou maladroites ponctuent un jeu qui se passe principalement en milieu de terrain. Puel fait alors entrer Bonnal à la place de Brunel (61e) puis, dix minutes plus tard, Tapia et Boutoille aux places de Chalmé et de Moussilou. Dans la foulée, Tafforeau sauve un ballon très chaud (72e) puis, sur un corner, Taylor marque en se jetant après une tête repoussée par Wimbée (76e).

Sterjovski4
On sent alors les Lillois proches de la rupture. Si les entrées des nouveaux offensifs apportent un peu d’énergie, ça ne semble pas suffisant (tête de Tapia, 86e). Mais, dans le temps additionnel, sur une ultime attaque, Boutoille réussit un dribble côté droit, il centre au deuxième poteau où se trouve Tapia, qui remise de la tête dans l’axe. Aux 6 mètres, D’Amico se jette et égalise de la tête (1-1, 92e). Le but sur France Bleu Nord :

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr/files/2024/03/vlc-record-2024-03-31-21h25m17s-piste-02-.mp3

D'Amico13

Le match se termine sur ce nul. Un but dans le temps additionnel grâce au concours de deux entrants : faut-il voir un signe de continuité avec l’époque Halilhodzic ? Après le Vahid Time, le Puel Time ? Alors que quelques craintes s’étaient déjà manifestées du côté des supporters, ce but tardif est la meilleure des réponses personnes qui doutent, les vraies comme les fausses sceptiques. Grégory Wimbée : « que le public soit rassuré, on va continuer à mouiller le maillot. Ce groupe a toujours faim, et il a encore envie de réaliser de belles choses. La réussite continuera-t-elle à nous sourire comme elle l’a fait dans le passé ? Ce paramètre-là, on ne le maîtrise pas, mais la réussite, il faut savoir la forcer, et nous sommes habités par la rage de gagner ».

Le nouveau président, Michel Seydoux, est content : « l’entraîneur change, les hommes et la tactique aussi. Pourtant l’état d’esprit est toujours là. Quelle joie ! ». Plus froid et mesuré, Claude Puel note qu’« égaliser dans les dernières secondes, c’est toujours très fort. Dans le cas présent, c’est aussi très important. Nous gardons en effet toutes nos chances en vue du retour à Birmingham. Le LOSC a aussi montré de la qualité dans son jeu. Ce fut un match solide, structuré. L’équipe a su en outre dévoiler une grande force de caractère. Elle est, en définitive, dans la continuité de ce qu’elle fait depuis plusieurs saisons ». Fernando D’Amico, le meilleur buteur de la saison, signale aussi que, contrairement à ce qu’on redoutait, ce match arrive au bon moment, à la veille de reprendre en D1 : « finalement, ce match est bienvenu car il nous a mis dans le bon rythme ».

D'Amico4

Du côté d’Aston Villa, on est aussi satisfait. L’entraîneur, Graham Taylor, déclare qu’il « aurai[t] signé tout de suite avant le match pour un tel résultat »

Face à une équipe solide, avec un but encaissé à la maison qui vaudra double en cas d’égalité, ce nul n’est évidemment pas le meilleur des résultats, mais le LOSC n’a pas hypothéqué ses chances de poursuivre la compétition. Rendez-vous à Villa Park dans une semaine. Entretemps, la D1 aura repris avec la réception de Bordeaux.

Un résumé du match (France 3) :

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr/files/2024/03/vlc-record-2024-03-31-21h33m07s-losc-2002-janvier-decembre.vob-.mp4

Toutes les citations sont extraites de la Voix du Nord ou de la Voix des Sports (juillet-août 2002)



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    • [Intersaison 1998] Campagne de communication du LOSC, dans l'espace public (affiche rouge), puis dans la presse, a… https://t.co/f5KcqxpL4R il y a 3 années
    • @Statilosc Cela étant, hormis ceux que tu as cités (+ Sterjovski en 2000), Il y avait eu au moins Eirik Birkelund… https://t.co/I1lnE5drfX il y a 3 années
    • @Statilosc On ne l'a pas fait, car la pratique s'est raréfié par la suite, ce qu'on peut voir comme le résultat de… https://t.co/jA4SyUxpFB il y a 3 années
    • Parmi eux, Goran Bozovic, Marco Dittgen, ou encore Milan Stojanovski https://t.co/iiAp2SCaB1 il y a 3 années

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